Population et consommation

Chaque jour nous comptons 220’000 nouveaux êtres sur terre. Ils sont naturellement en droit d’attendre de la nourriture, un logement, de l’éducation, de la sécurité, des soins de base et une certaine prospérité. Pendant ce temps, une série de facteurs s’activent dans la stricte direction opposée – vers une hausse de la pollution et l’épuisement des ressources qui se traduit par une insécurité alimentaire, énergétique et économique.

La médecine du 20ème siècle et les programmes de santé publique ont réduit la mortalité, alors que les énergies fossiles – denses et puissantes – appliquées à l’agriculture moderne ont conduit à une augmentation de la population et à la croissance économique. Mais trop peu a été fait, et trop tard, pour faire baisser la natalité à travers l’éducation des femmes en leur donnant accès aux connaissances et programmes de santé. Trop peu de questions ont été posées sur l’impact que ce nombre croissant d’êtres humains pourrait avoir sur la capacité de charge de la planète.

ALIMENTS. La production alimentaire mondiale a réussi – pendant un certain temps – à suivre la croissance de la population, mais depuis les années 1990 se trouve à la traîne.

La monoculture et le choix de cultures à haut rendement – Révolution Verte – exigent plus d’eau et de pesticides. Désormais, nous utilisons environ six fois plus d’engrais chimiques et vingt-cinq fois plus de pesticides qu’en 1950. Malgré cela, les rendements par hectare semblent avoir atteint un plafond physique. Les terres irriguées produisent 40% des cultures, mais l’irrigation utilise environ 70% des ressources en eau, tandis que des rivières s’assèchent et les nappes phréatiques s’amoindrissent en Chine, en Inde, au Pakistan, au Moyen-Orient, au Mexique et dans l’ouest de l’Amérique. En 2050, 47% de la population va vraisemblablement être soumise à un stress hydrique sévère.

La superficie arable par habitant est également en baisse, tout comme le sol arable dont la qualité se dégrade à cause de l’impact des engrais et des pesticides sur le microbiome du sol. Pendant ce temps, les industries chimiques et textiles se font concurrence pour acquérir plus de terres afin de cultiver des plantes de manière à remplacer les hydrocarbures comme matières premières.

Or, l’espérance de rendements plus élevés repose principalement sur des solutions telles que le dépassement de terres marginales (malgré leur rôle vital de soutien aux pollinisateurs, dans la préservation de l’érosion des sols, la rétention hydrique et son assainissement), une déforestation dramatique, et la modification génétique – toutes sont des solutions recelant des dangers.

Qui plus est, de nouvelles technologies proposant des solutions à l’insécurité alimentaire, telle que la culture hydroponique, comptent finalement sur une consommation d’énergie fossile importante, et donc aggravent les rejets de CO2 dans l’atmosphère et les océans.

L’agriculture moderne dépend déjà fortement des énergies fossiles – du pétrole et du gaz – pour faire fonctionner son industrie lourde et fournir la matière première de ses engrais et pesticides. Comme des procédés d’extraction plus complexes deviennent nécessaires, ils exigent encore plus d’énergie, leur viabilité à long terme pour maintenir les niveaux de rendement actuels ainsi que les nouvelles technologies pour les améliorer sont par conséquent douteuses.

L’obtention de nourriture dans les océans deviendra problématique. La plupart des pêches ont diminuées de manière significative par rapport à leur niveau d’origine; la seule façon de maintenir une production est de la réduire, afin que les populations puissent se renouveler. Cela ne se produit pas. La surpêche continue.

Pendant ce temps, la hausse des températures, l’acidification des océans due aux émissions de CO2, l’eutrophisation conséquente à l’utilisation excessive d’engrais et la toxification croissante s’ajoutent à la catastrophe qui se prépare.

Comme dans d’autres régions, toutes les tentatives de résoudre ces problèmes par la technologie en créent de nouveaux. Par exemple, l’aquaculture pollue l’eau avec des produits chimiques nocifs, elle est en concurrence avec le bétail et les humains pour les céréales, et s’ajoute à l’effondrement de la population de poissons sauvages du fait que ces derniers sont utilisés comme nourriture pour les poissons d’élevage.

VIE La population urbaine était de 732 millions en 1950 et devrait atteindre 4,9 milliards en 2030, soit quasi sept fois plus en moins d’un siècle. Une grande partie de cette augmentation est générée par des paysans désespérés se déplaçant vers les villes pour y chercher de quoi subsister.

Les appels à la croissance économique de sorte à créer des emplois pour les masses croissantes dominent presque tous les discours politiques. Mais ils passent à coté de l’essentiel. Outre le fait que l’extraction des ressources limitées pour alimenter une croissance à l’infini est impossible, la technologie apporte l’efficacité et l’automatisation pour stimuler la productivité, donc la croissance ne génère plus d’emplois. La solution pour lutter contre le chômage et les bas salaires est d’avoir moins de travailleurs en concurrence pour les emplois.

Ainsi, les problèmes de pauvreté et de compétition pour les ressources produisent des tensions et des conflits, que ce soit sous la forme de migrations intensifiées pour les pays de l’OCDE, de terrorisme, d’États défaillants, de guerres ou d’insurrections locales. Tous ces phénomènes sont susceptibles d’augmenter à mesure qu’une croissance de la population se poursuit.

Aujourd’hui, sur les 7,3 milliards de personnes, environ 800 millions sont tellement sous-alimentées que leurs corps et leurs cerveaux n’ont pas été en mesure de se développer convenablement. Comme l’épidémie mondiale de maladies chroniques en témoigne, un grand nombre de sous-alimentés ou suralimentés de nourriture modifiée – souffrent de carences en nutriments essentiels, en plus d’être chargés de produits chimiques toxiques.

La sécurité alimentaire ne peut pas être atteinte et maintenue éternellement pour 8, 9 ou 12 milliards de personnes. De même qu’il ne peut y avoir de sécurité énergétique, et par conséquent de sécurité économique.

Arcade des découvertes
LIENS EXTERNES

MOTHER : Caring for 7 Billion

Urban population growth and demand for food could spark global unrest, study shows

The Forecast in Morocco: Smells Like Revolution

Lester Brown in a short video (5 min) discusses some issues of food security. Earth Policy Channel

Murky Waters: Shrimp Farming in Bangladesh

How population growth is changing and challenging our world

MOTHER : Caring for 7 Billion - Version française

Man by Steve Cutts

Opinion: Sadly, Malthus was right. Now what?

The Hidden Costs of Hamburgers

False Promise by George Monbiot

World Population

Bradshaw and Brook: Human population reduction is not a quick fix for environmental problems.

Former career mining professional Simon Michaux gives a public lecture describing the onset of 'peak mining' and its various implications for natural resource management

Our editorial on the deceptive promise of “feeding the world”

Article in ENSIA: to “feed the world” we have to change course challenge

National Geographic 2 min video about feeding the world

Trailer of one of the best film on most basic social problem

As World’s Population Booms, Will Its Resources Be Enough for Us? Dennis Dimick, National Geographic article.

The Other Inconvenient Truth, University of Minnesota, 2:40 min video

It is a plastic world 4:40 min video showing also depletion of oceans and how it relates to “feeding the world”

The myth of feeding the world, Beth Hoffman article in Forbes magazine

Reductionist science is not the answer to the problems engendered by a finite biosphere with a human population in overshoot. Aricle about GMOs as the false solution to world hunger.

José Mujica's interview for the movie Humans. Former President of Uruguay, advocates for a philosophy of life focused on sobriety: learn to live with what is necessary and fairest.